J'aurais voulu le faire plus tôt, mais j'étais en voyage, puis malade, et je crois bien que c'est un zeugma, quoique un peu dégénéré (complément du verbe / attribut du sujet), cela dit le zeugma c'est quand même un peu la figure de rhétorique des gros lourds je trouve, pardon aux adeptes. J'aurais voulu le faire plus tôt donc, mais très occupée à me décomposer physiquement c'était un peu difficile, cependant je ne veux pas faire traîner plus longtemps sinon je vais finir par oublier complètement ce que je voulais dire, quitte à ce que ce soit écrit avec les pieds, je suis très molle du clavier en ce moment, énergie aspirée ailleurs.
Alors. Ce dont j'aimerais parler ici, c'est de ce qu'une lecture en public modifie en matière de rapport qu'on peut entretenir avec un texte. Parce que lire devant des gens, et c'est un peu la révélation fracassante du jour, ce n'est pas du tout mais alors pas du tout pareil que de lire tout seul dans son appartement. Et pourtant je précise, il m'arrive fréquemment de lire à voix haute chez moi, généralement à mon chat qui ne comprend rien mais a l'air de bien aimer, plus rarement à mon mec, qui ne comprend rien non plus mais fatigue nettement plus vite, en même temps on n'a pas les mêmes relations, il n'a pas à simuler un amour inconditionnel pour que je lui ouvre le robinet douze fois par jour (j'ai un chat très snob qui refuse de boire de l'eau immobile), ça joue forcément. Je lis souvent à voix haute disais-je, cependant quand je me suis mise à examiner mes textes en vue de la lecture à Mycroft, c'était tout de suite très différent.
Déjà parce que je me suis rendue compte que vraiment, les phrases de vingt-huit lignes sans aucune virgule, ça n'allait juste pas être possible, et qu'à moins de faire un stage intensif d'apnée sous-marine j'allais purement et simplement m'étouffer sur place si je ne rajoutais pas un peu de ponctuation. J'ai choisi cette dernière option, ça me paraissait un brin plus judicieux, même si quelque part ça m'embêtait : en matière de virgules, mon idée c'est qu'il faut en mettre le moins possible. Je suis parfois un peu laxiste, mais globalement, je pense que les virgules ne servent pas tant à marquer une pause respiratoire qu'à détacher, séparer, découper le propos. Tout cela concerne évidemment des textes relevant du monologue (vous pensez avec des virgules, vous ?), pour les dialogues ou tout autre texte supposant une communication avec autrui, c'est évidemment différent. Quant au point-virgule, depuis la primaire j'ai un problème avec, je n'ai jamais saisi la fonction exacte et franchement les explications embrouillées de l'institutrice n'ont pas aidé, je me suis renseignée des tas de fois depuis mais non décidément, je ne comprends pas à quoi ça sert. Et puis c'est un truc bâtard, ni point ni virgule, moi j'ai envie de lui dire, choisis ton camp mon grand, tu es une fin de phrase ou pas, réfléchis à ça et ensuite on en reparlera.
Ensuite, l'autre truc, et je serai sans doute plus brève là-dessus, c'est l'aspect assumons nos textes devant des gens. Car comme dit Troudair dans son "débriefing lancinant", un des enjeux de l'exercice était assurément ce "croyez-moi" dont nous avons tous, me semble-t-il, chargé notre performance. Or pour qu'on puisse nous croire, encore fallait-il que ce que nous lisions nous parût à nous-mêmes crédible, donc si ce n'est parfaitement juste, au moins pas trop faux, pas trop dissonnant. Et c'est là que la lecture préparatoire a été la plus intéressante, parce qu'autant des passages un peu limites, faibles ou pas très glorieux, mais noyés dans un machin plus grand, on pense que ça passe, autant en public c'est juste trop la honte. Donc des coupes, des réécritures, pour virer ce qui a été mal ou trop vite écrit, bon c'est la base sauf que je me rends compte que même ça je ne le fais pas toujours (c'est très dur en particulier de couper ce qui a demandé beaucoup de travail - d'ailleurs généralement je ne coupe pas, je recycle, mais honnêtement je ne sais pas si c'est la bonne solution), et surtout mettre au clair ses limites, se demander je mets quoi de moi dans ce texte, je suis capable d'aller jusqu'où, est-ce que raconter ça ce n'est pas franchement ridicule, ton journal intime tu le gardes pour toi et va t'enterrer dans les égouts.
Enfin, pour finir, je précise quand même que 1) je ne me suis pas cassé la jambe sur la route en me rendant à Mycroft, alors même que j'avais fortement suggéré l'hypothèse à mon inconscient, ça paraissait un moyen assez digne de déclarer forfait, que 2) je ne me suis pas non plus évanouie sur place, ni avant, ni pendant, ni après la lecture, et que je n'ai pas vomi non plus sur les chaussures des gens, et que 3) j'ai noté qu'on a continué à m'adresser la parole après mon passage, ce dont je déduis que je demeure une personne à peu près fréquentable. Bon allez, je le dis rien qu'une fois, il y a aussi eu de très gentils retours. Par ailleurs, j'ai finalement été capable d'écouter les textes des autres avec attention, il y a eu des choses extrêmement touchantes, vibrantes. En somme, tout s'est plutôt bien passé.
Alors. Ce dont j'aimerais parler ici, c'est de ce qu'une lecture en public modifie en matière de rapport qu'on peut entretenir avec un texte. Parce que lire devant des gens, et c'est un peu la révélation fracassante du jour, ce n'est pas du tout mais alors pas du tout pareil que de lire tout seul dans son appartement. Et pourtant je précise, il m'arrive fréquemment de lire à voix haute chez moi, généralement à mon chat qui ne comprend rien mais a l'air de bien aimer, plus rarement à mon mec, qui ne comprend rien non plus mais fatigue nettement plus vite, en même temps on n'a pas les mêmes relations, il n'a pas à simuler un amour inconditionnel pour que je lui ouvre le robinet douze fois par jour (j'ai un chat très snob qui refuse de boire de l'eau immobile), ça joue forcément. Je lis souvent à voix haute disais-je, cependant quand je me suis mise à examiner mes textes en vue de la lecture à Mycroft, c'était tout de suite très différent.
Déjà parce que je me suis rendue compte que vraiment, les phrases de vingt-huit lignes sans aucune virgule, ça n'allait juste pas être possible, et qu'à moins de faire un stage intensif d'apnée sous-marine j'allais purement et simplement m'étouffer sur place si je ne rajoutais pas un peu de ponctuation. J'ai choisi cette dernière option, ça me paraissait un brin plus judicieux, même si quelque part ça m'embêtait : en matière de virgules, mon idée c'est qu'il faut en mettre le moins possible. Je suis parfois un peu laxiste, mais globalement, je pense que les virgules ne servent pas tant à marquer une pause respiratoire qu'à détacher, séparer, découper le propos. Tout cela concerne évidemment des textes relevant du monologue (vous pensez avec des virgules, vous ?), pour les dialogues ou tout autre texte supposant une communication avec autrui, c'est évidemment différent. Quant au point-virgule, depuis la primaire j'ai un problème avec, je n'ai jamais saisi la fonction exacte et franchement les explications embrouillées de l'institutrice n'ont pas aidé, je me suis renseignée des tas de fois depuis mais non décidément, je ne comprends pas à quoi ça sert. Et puis c'est un truc bâtard, ni point ni virgule, moi j'ai envie de lui dire, choisis ton camp mon grand, tu es une fin de phrase ou pas, réfléchis à ça et ensuite on en reparlera.
Ensuite, l'autre truc, et je serai sans doute plus brève là-dessus, c'est l'aspect assumons nos textes devant des gens. Car comme dit Troudair dans son "débriefing lancinant", un des enjeux de l'exercice était assurément ce "croyez-moi" dont nous avons tous, me semble-t-il, chargé notre performance. Or pour qu'on puisse nous croire, encore fallait-il que ce que nous lisions nous parût à nous-mêmes crédible, donc si ce n'est parfaitement juste, au moins pas trop faux, pas trop dissonnant. Et c'est là que la lecture préparatoire a été la plus intéressante, parce qu'autant des passages un peu limites, faibles ou pas très glorieux, mais noyés dans un machin plus grand, on pense que ça passe, autant en public c'est juste trop la honte. Donc des coupes, des réécritures, pour virer ce qui a été mal ou trop vite écrit, bon c'est la base sauf que je me rends compte que même ça je ne le fais pas toujours (c'est très dur en particulier de couper ce qui a demandé beaucoup de travail - d'ailleurs généralement je ne coupe pas, je recycle, mais honnêtement je ne sais pas si c'est la bonne solution), et surtout mettre au clair ses limites, se demander je mets quoi de moi dans ce texte, je suis capable d'aller jusqu'où, est-ce que raconter ça ce n'est pas franchement ridicule, ton journal intime tu le gardes pour toi et va t'enterrer dans les égouts.
Enfin, pour finir, je précise quand même que 1) je ne me suis pas cassé la jambe sur la route en me rendant à Mycroft, alors même que j'avais fortement suggéré l'hypothèse à mon inconscient, ça paraissait un moyen assez digne de déclarer forfait, que 2) je ne me suis pas non plus évanouie sur place, ni avant, ni pendant, ni après la lecture, et que je n'ai pas vomi non plus sur les chaussures des gens, et que 3) j'ai noté qu'on a continué à m'adresser la parole après mon passage, ce dont je déduis que je demeure une personne à peu près fréquentable. Bon allez, je le dis rien qu'une fois, il y a aussi eu de très gentils retours. Par ailleurs, j'ai finalement été capable d'écouter les textes des autres avec attention, il y a eu des choses extrêmement touchantes, vibrantes. En somme, tout s'est plutôt bien passé.
