Quel type d'endeuillée êtes-vous ? Cynique, éplorée, ou pragmatique ? Révoltée, résignée, ou bien suicidaire vous-même ? Sélectionnez l'attitude qui vous convient le mieux ou bien prenez notre pack intégral éclatement identitaire.
Faire des choix. Pas tricoter des compromis ou trouver des solutions, mais faire des choix. Exercer sa liberté : ce n'est pas une charade à résoudre, c'est un deuil à construire. Formellement. Je suis pressée et je ne veux pas être pressée, le finir dans quelques mois ou dans trois ans ce n'est rien, ce n'est pas important. Mais l'urgence, la mort, suicide juillet 2007. Je ne le revis pas à travers l'écriture, je le crée. Je fabrique mon deuil. Et je le veux drôle, oui je veux un deuil drôle, piquant, réaliste, impossible, fantasque, vrai et faux tout à la fois, truffé de personnages et désert comme la poche d'air qui fait éclater mon coeur, je veux un deuil Arlequin multicolore et dévasté, je veux un deuil en harmonie avec la dissonance et éblouissant de justesse cacophonique, moi je n'en ai pas fini avec la mort, la mort terrible. Alors je dessine des patrons, je découpe dans ma peine serpent des pièces à assembler ensemble, je laisse les coutures apparentes mais je les fixe fermement, il faut une armature solide pour le deuil, une armature qui tienne la route afin qu'à l'intérieur le texte puisse pivoter sur lui-même et se mordre la queue jusqu'au sang comme le temps qui s'est brisé ce jour-là.
Cahier des charges (évolutif) :
- mises en abîmes directes interdites (indirectes autorisées)
- on ne témoigne pas, on agit (c'est vous qui témoignerez)
- boucle temporelle (ça ne peut finir que comme ça a commencé)
- défense/accusation, accusation/défense (démontrer par anticipation, sortir du régime du procès)
- déréalisation dans la forme mais pas dans le fond (la déréalisation du réel est la réalité)
- exploitation exhaustive du terrain, attention à qui porte quoi, être très claire là-dessus
En fait je ne voulais pas en parler ici, parce que ce n'est pas fini et que tant que ce n'est pas fini ce n'est pas fini, c'est une règle de base. Surtout que c'est très loin d'être fini, donc c'est très loin d'être fini. En plus ce n'est pas du tout ce qui était prévu dans le calendrier. Alors imaginez la honte si peau de l'ours traînée dans le goudron et les plumes, l'horreur. Il est un peu tôt quand même pour avoir des certitudes. Certes, gronf. Sauf que. Enfin on se comprend. Dans ce cas si j'en parle pourquoi. Question en parallèle aussi, pourquoi sur les blogs d'auteur si peu de choses sur l'élaboration des textes en cours, sur le détail j'entends, l'incertitude aussi ou bien ? Moi si j'en parle maintenant pourquoi, peut-être pour faire conversation tout simplement. Et aussi sans doute suite à une discussion avec une amie cinéaste, qui racontait le délai tellement long, plusieurs années parfois cinq ans, entre l'écriture du scénario et l'existence du film, trop de temps aucune envie d'en parler quand l'objet existe, les louanges les prix reçus ne la touchent plus, ça arrive trop tard depuis longtemps elle a renoncé à tirer de la reconnaissance une quelconque satisfaction, on la félicite elle se retourne, mais de qui me parle-t-on. En littérature les temps sont plus rapprochés mais il est évident qu'il y a un peu de ça, on n'est pas dans le même état quand c'est fini que quand ce n'est pas fini, et quand c'est fini jamais on ne pourra en parler comme quand ce n'était pas fini. Parce que quand c'est fini on passe à autre chose, peut-être même que finir par définition c'est être en mesure de passer à autre chose - ça n'a rien avoir avec la perfectibilité dans l'absolu je précise des fois que. La fièvre retombe les humeurs se stabilisent, on est content mais pas pareil que quand on ne savait pas qu'on aurait le droit d'être content plus tard. C'est pour ça d'ailleurs que ça a un aspect aussi jouissif internet, on met en ligne et on est lu tout de suite, même si c'est juste par trois égarés et que de toute façon on est assise sur une chaise bancale. En même temps c'est bien aussi parfois le différé, ça a ses avantages et moi ça m'a fait beaucoup de bien je crois qu'il s'écoule du temps entre le oui pour Catherine et sa réalisation effective, parce que je suis un peu lente à intégrer certaines informations, notamment quand se présente une nouvelle configuration pour laquelle je n'ai pas de mode d'emploi dans ma base de données. Cependant je m'égare, je ne parlais pas du contenu, du résultat propre, mais de ce qui se passe dans la marge. Là on a plusieurs options, attention je me lance dans la méthodologie de la méthodologie. Option numéro 1 on réfléchit dans son coin et on le vit très bien, éventuellement on en parle avec son chat qui est toujours très intéressé par les questions d'architecture romanesque. Option numéro 2 on a un réseau d'étudiants en psychiatrie prêts à assister trois fois par semaine à un exposé sur le thème est-ce que je numérote les chapitres ou non ça n'induit pas du tout le même pacte de lecture vous comprenez, éventuellement on trouve des gens dans le besoin et on les rémunère pour venir écouter. Option numéro 3 on note tout ça bien soigneusement et on ressort triomphalement les textes d'élaboration quand le livre se matérialise, avec la conviction inébranlable que ça passionnera tout le monde, laquelle aura permis de surmonter en amont la frustration d'avoir tout gardé pour soi. Je vous laisse poursuivre et conclure tout seul dans votre tête, ce n'est pas très difficile.
35% de contenu (1942 signes), 65% de justification (3555 signes). Je me surpasse, en général je fais du 25/75.
Sinon, en vrac. Je lis des trucs complètement angoissants sur le net, moi on me fait ça je hurle sans discontinuer pendant une semaine. / Je reçois des emails du type, salut les gars ça vous dit un week-end en Europe orientale c'est le moment de faire des bonnes affaires, dites moi que je rêve. / Je réfléchis à m'acheter une liseuse, ça donne quand même sacrément envie. Mais je ne sais pas, ce qui me pose problème ce n'est pas la lecture sur écran (on a l'habitude) mais plutôt l'aplatissement des livres. Si tous mes livres tiennent dans une liseuse ça veut dire qu'ils sont tous très très fins, ça me perturbe. Je suppose que c'est un problème de représentation mentale de l'espace, l'épaisseur du papier comme incarnation du texte que je peux escalader en l'enjambant page par page. On verra. Parce que pour tout ce qui se trouve sur le net, notamment ici, ça peut être assez génial. Cela dit avec la crise je m'attends à tout, y compris à un crash géant de tous les serveurs informatiques et ce d'autant plus que 2009 si on enlève les zéros ça fait 29 (de même que 11 septembre = II/9 = 29). / J'ai une nouvelle méthode de travail, ça s'appelle le cahier-stylo. C'est très simple, je prends un joli cahier papier übergliss et un stylo noir encre fluide et j'écris mes idées sans avoir d'ordinateur devant moi en étant assise dans mon canapé. C'est assez rigolo et plutôt reposant, ça me donne une sensation de liberté complètement folle. / Je remarque que dans un temps reculé les présidents de la République citaient Paul Éluard en conférence de presse. / Je mange de nouveau des bonbons, j'avais arrêté pendant plusieurs mois suite à lecture de la mention gélatine de porc sur un sachet de guimauve, ça me donnait la nausée cette idée de mâchouiller des muqueuses de cochon à longueur de journée. Finalement je m'y suis faite, ça ne me dérange plus. / Je pense en me lavant les dents à deux (petits) textes en cours et à un projet un peu spécial pour lequel il va falloir la jouer fine, j'aimerais bien réussir à avancer un peu sur ces choses-là d'ici la fin de l'année. / Je tourne dans mon lit jusqu'à quatre heures du matin en faisant mon planning de la troisième semaine d'octobre 2011 et en rédigeant dans ma tête le prologue de mon sixième roman. / Je fais vaillamment face à l'accélération du processus autour de Tuer Catherine, séance photo faite, rencontre avec les représentants faite, épreuves et mise en fabrication à venir, jusqu'ici tout va bien, si si.
Faire des choix. Pas tricoter des compromis ou trouver des solutions, mais faire des choix. Exercer sa liberté : ce n'est pas une charade à résoudre, c'est un deuil à construire. Formellement. Je suis pressée et je ne veux pas être pressée, le finir dans quelques mois ou dans trois ans ce n'est rien, ce n'est pas important. Mais l'urgence, la mort, suicide juillet 2007. Je ne le revis pas à travers l'écriture, je le crée. Je fabrique mon deuil. Et je le veux drôle, oui je veux un deuil drôle, piquant, réaliste, impossible, fantasque, vrai et faux tout à la fois, truffé de personnages et désert comme la poche d'air qui fait éclater mon coeur, je veux un deuil Arlequin multicolore et dévasté, je veux un deuil en harmonie avec la dissonance et éblouissant de justesse cacophonique, moi je n'en ai pas fini avec la mort, la mort terrible. Alors je dessine des patrons, je découpe dans ma peine serpent des pièces à assembler ensemble, je laisse les coutures apparentes mais je les fixe fermement, il faut une armature solide pour le deuil, une armature qui tienne la route afin qu'à l'intérieur le texte puisse pivoter sur lui-même et se mordre la queue jusqu'au sang comme le temps qui s'est brisé ce jour-là.
Cahier des charges (évolutif) :
- mises en abîmes directes interdites (indirectes autorisées)
- on ne témoigne pas, on agit (c'est vous qui témoignerez)
- boucle temporelle (ça ne peut finir que comme ça a commencé)
- défense/accusation, accusation/défense (démontrer par anticipation, sortir du régime du procès)
- déréalisation dans la forme mais pas dans le fond (la déréalisation du réel est la réalité)
- exploitation exhaustive du terrain, attention à qui porte quoi, être très claire là-dessus
En fait je ne voulais pas en parler ici, parce que ce n'est pas fini et que tant que ce n'est pas fini ce n'est pas fini, c'est une règle de base. Surtout que c'est très loin d'être fini, donc c'est très loin d'être fini. En plus ce n'est pas du tout ce qui était prévu dans le calendrier. Alors imaginez la honte si peau de l'ours traînée dans le goudron et les plumes, l'horreur. Il est un peu tôt quand même pour avoir des certitudes. Certes, gronf. Sauf que. Enfin on se comprend. Dans ce cas si j'en parle pourquoi. Question en parallèle aussi, pourquoi sur les blogs d'auteur si peu de choses sur l'élaboration des textes en cours, sur le détail j'entends, l'incertitude aussi ou bien ? Moi si j'en parle maintenant pourquoi, peut-être pour faire conversation tout simplement. Et aussi sans doute suite à une discussion avec une amie cinéaste, qui racontait le délai tellement long, plusieurs années parfois cinq ans, entre l'écriture du scénario et l'existence du film, trop de temps aucune envie d'en parler quand l'objet existe, les louanges les prix reçus ne la touchent plus, ça arrive trop tard depuis longtemps elle a renoncé à tirer de la reconnaissance une quelconque satisfaction, on la félicite elle se retourne, mais de qui me parle-t-on. En littérature les temps sont plus rapprochés mais il est évident qu'il y a un peu de ça, on n'est pas dans le même état quand c'est fini que quand ce n'est pas fini, et quand c'est fini jamais on ne pourra en parler comme quand ce n'était pas fini. Parce que quand c'est fini on passe à autre chose, peut-être même que finir par définition c'est être en mesure de passer à autre chose - ça n'a rien avoir avec la perfectibilité dans l'absolu je précise des fois que. La fièvre retombe les humeurs se stabilisent, on est content mais pas pareil que quand on ne savait pas qu'on aurait le droit d'être content plus tard. C'est pour ça d'ailleurs que ça a un aspect aussi jouissif internet, on met en ligne et on est lu tout de suite, même si c'est juste par trois égarés et que de toute façon on est assise sur une chaise bancale. En même temps c'est bien aussi parfois le différé, ça a ses avantages et moi ça m'a fait beaucoup de bien je crois qu'il s'écoule du temps entre le oui pour Catherine et sa réalisation effective, parce que je suis un peu lente à intégrer certaines informations, notamment quand se présente une nouvelle configuration pour laquelle je n'ai pas de mode d'emploi dans ma base de données. Cependant je m'égare, je ne parlais pas du contenu, du résultat propre, mais de ce qui se passe dans la marge. Là on a plusieurs options, attention je me lance dans la méthodologie de la méthodologie. Option numéro 1 on réfléchit dans son coin et on le vit très bien, éventuellement on en parle avec son chat qui est toujours très intéressé par les questions d'architecture romanesque. Option numéro 2 on a un réseau d'étudiants en psychiatrie prêts à assister trois fois par semaine à un exposé sur le thème est-ce que je numérote les chapitres ou non ça n'induit pas du tout le même pacte de lecture vous comprenez, éventuellement on trouve des gens dans le besoin et on les rémunère pour venir écouter. Option numéro 3 on note tout ça bien soigneusement et on ressort triomphalement les textes d'élaboration quand le livre se matérialise, avec la conviction inébranlable que ça passionnera tout le monde, laquelle aura permis de surmonter en amont la frustration d'avoir tout gardé pour soi. Je vous laisse poursuivre et conclure tout seul dans votre tête, ce n'est pas très difficile.
35% de contenu (1942 signes), 65% de justification (3555 signes). Je me surpasse, en général je fais du 25/75.
Sinon, en vrac. Je lis des trucs complètement angoissants sur le net, moi on me fait ça je hurle sans discontinuer pendant une semaine. / Je reçois des emails du type, salut les gars ça vous dit un week-end en Europe orientale c'est le moment de faire des bonnes affaires, dites moi que je rêve. / Je réfléchis à m'acheter une liseuse, ça donne quand même sacrément envie. Mais je ne sais pas, ce qui me pose problème ce n'est pas la lecture sur écran (on a l'habitude) mais plutôt l'aplatissement des livres. Si tous mes livres tiennent dans une liseuse ça veut dire qu'ils sont tous très très fins, ça me perturbe. Je suppose que c'est un problème de représentation mentale de l'espace, l'épaisseur du papier comme incarnation du texte que je peux escalader en l'enjambant page par page. On verra. Parce que pour tout ce qui se trouve sur le net, notamment ici, ça peut être assez génial. Cela dit avec la crise je m'attends à tout, y compris à un crash géant de tous les serveurs informatiques et ce d'autant plus que 2009 si on enlève les zéros ça fait 29 (de même que 11 septembre = II/9 = 29). / J'ai une nouvelle méthode de travail, ça s'appelle le cahier-stylo. C'est très simple, je prends un joli cahier papier übergliss et un stylo noir encre fluide et j'écris mes idées sans avoir d'ordinateur devant moi en étant assise dans mon canapé. C'est assez rigolo et plutôt reposant, ça me donne une sensation de liberté complètement folle. / Je remarque que dans un temps reculé les présidents de la République citaient Paul Éluard en conférence de presse. / Je mange de nouveau des bonbons, j'avais arrêté pendant plusieurs mois suite à lecture de la mention gélatine de porc sur un sachet de guimauve, ça me donnait la nausée cette idée de mâchouiller des muqueuses de cochon à longueur de journée. Finalement je m'y suis faite, ça ne me dérange plus. / Je pense en me lavant les dents à deux (petits) textes en cours et à un projet un peu spécial pour lequel il va falloir la jouer fine, j'aimerais bien réussir à avancer un peu sur ces choses-là d'ici la fin de l'année. / Je tourne dans mon lit jusqu'à quatre heures du matin en faisant mon planning de la troisième semaine d'octobre 2011 et en rédigeant dans ma tête le prologue de mon sixième roman. / Je fais vaillamment face à l'accélération du processus autour de Tuer Catherine, séance photo faite, rencontre avec les représentants faite, épreuves et mise en fabrication à venir, jusqu'ici tout va bien, si si.
