Sur la lecture de jeudi dernier, rapidement. Juste après, une sorte de révélation – la 23e de la semaine – : j’ai trouvé un but à mon existence, être lue et mise en scène ça me suffit comme motivation pour vivre, en plus c’est parfaitement légal. Car dès les premières phrases, je sais que j’aime ça, que je suis faite pour aimer ça ; le texte se déplie devant moi, prend corps et envahit l’espace ; c’est lui et ce n’est pas lui, je le connais par cœur et pourtant il a quelque chose d’étranger. Par flashes je me revois en train d’écrire, ça me paraît incroyable d’être là, tandis que d’autres le disent, et que d’autres encore écoutent – non mais quelle idée, quelle drôle d’idée de venir assister à une lecture. Je me retiens de rire, forcément ce sont mes blagues alors je trouve ça drôle, mais c’est moyennement facile à assumer en public de se faire rire soi-même, alors j'essaie de rester discrète, sérieuse et digne. C’est aussi une des premières fois – oui vous pouvez vous moquer – que je prends la mesure de ce qu’est l’interprétation, de ce que ça peut apporter en plus. Je crois que j’ai compris que ce n’était pas juste une histoire de mise en valeur, mais que le texte pouvait aussi devenir autre chose ; tout cela est évidemment un peu ridicule au vu de la modeste expérience dont il est question, mais comme je n’avais jamais été dans cette position, ça a créé une sorte de réagencement inattendu de mes dominos cérébraux. Bref, j’imagine que c’est aussi parce que c’était inédit que ça m'a fait autant d’effet, cependant je trouve que c'était vraiment réussi, y compris dans la découpe, qui parfois a conduit à modifier, infléchir le sens originel : ça ne me dérange pas, au contraire, l’interprétation ne m’appartient plus, m’a-t-elle jamais appartenu, une part m’en échappe forcément, donnez-la moi à voir. Je mets l’enregistrement ci-dessous, la qualité du son n'est pas parfaite, et puis on perd quand même beaucoup à n’avoir pas les corps, mais enfin ça pourra vous donner une idée. Et pour ceux qui n’ont pas réussi à dépasser la deuxième page du livre, ça peut être l’occasion d'entrer dedans autrement.
Orange, 14 mai 2009, librairie l'Orange Bleue, Compagnie Labo T
Une dernière chose sur les questions, parce qu'il y a eu une discussion ensuite, et que jamais je ne manque une occasion de remplir d'observations fines et originales le petit carnet à carreaux qui se cache dans mon sac à main. Donc, je me disais, c'est compliqué les questions quand on ne se connait pas, qu'on ne sait pas bien à qui on s'adresse, car on n'a pas de socle commun, ou plutôt on ignore de quelle nature il pourrait être, ledit socle. Et je pense que plus ça ira plus ce sera compliqué, car plus j'aurais posé un certain nombre de choses dans mes réponses disséminées ici ou là, plus je devrais soit choisir de commencer à me répéter sérieusement, soit prendre le risque que personne ne comprenne ce que je raconte, m'appuyant sur des présupposés se trouvant essentiellement dans ma tête.
PS : Je sais que ce n'est pas une grande réussite, ce lecteur mp3 qui n'en est pas un, je vous assure que j'ai fait de mon mieux, mais après un combat acharné contre Deezer, DewPlayer et autres, j'abandonne. EDIT : il y a encore un affreux logo, mais par rapport à la fausse vidéo de chez Wat nous sommes indéniablement en progrès.
PS : Je sais que ce n'est pas une grande réussite, ce lecteur mp3 qui n'en est pas un, je vous assure que j'ai fait de mon mieux, mais après un combat acharné contre Deezer, DewPlayer et autres, j'abandonne. EDIT : il y a encore un affreux logo, mais par rapport à la fausse vidéo de chez Wat nous sommes indéniablement en progrès.
